En France aussi : le pont transbordeur

« En France aussi » est un rendez-vous mensuel permettant de (re)découvrir la richesse et la beauté de la France. Vous pouvez retrouver toutes les participations sur la page Facebook.

Ce mois-ci, le thème « Ponts » est proposé par Malicia de « Un pied dans les nuages« . Je vous ai déjà parlé d’un pont marseillais, celui reliant le Mucem au fort Saint Jean, lors de ma première participation aux premiers rendez-vous (en octobre 2013 !).

Cette fois, nous allons plonger dans l’histoire pour découvrir un pont disparu, le pont transbordeur.

Création du pont

Le pont transbordeur © DR

Au XIXe siècle, la traversée du Vieux-Port s’effectuaient grâce à de nombreux passeurs. Ce n’était pas évident pour eux de se faufiler au milieu de la grande affluence, mais ils y parvenaient tant bien que mal. En 1880, ils durent faire face à la création d’une ligne officielle : le « ferry-boat ». Les deux bateaux qui la composaient, « Mouche IV » et « Mouche VII », devinrent vite populaire. 

Malheureusement, le trafic étant très dense, une réflexion fut menée dès la fin du XIXe.
Le 8 mars 1902, un décret déclare « d’utilité publique l’établissement d’un pont à transbordeur à Marseille. L’établissement et l’exploitation sont concédés à Ferdinand ARNODIN. Il pourra se substituer pour l’exercice de tous ses droits et obligations, une société Anonyme ». Il est publié au Journal Officiel le 12 mars 1902.

Ferdinand Arnodin est un ingénieur lyonnais, né en 1845. Il est l’inventeur de précédents ponts transbordeurs : celui de Bilbao en 1889, de Rouen en 1897, de Bizerte en 1898 et de Martrou, près de Rochefort en 1899.

En décembre 1903, après des années de démarches, études et négociations, les premiers travaux pour la construction du pont transbordeur pour la traversée du Vieux Port, entre le quai de la Tourette et le boulevard du Pharo au port de Marseille, débutent.

Exploitation

La nacelle du pont transbordeur © DR

La nacelle permettait de relier les deux rives, espacées de 290 mètres, en 1min 30s. Les passagers et véhicules y embarquaient après s’être acquitté de leur droit de passage.
De chaque côté, sur le tablier, deux pavillons (un grand et un petit) abritaient un comptoir de souvenirs, une buvette et un restaurant.

Promenade sur le tablier (tirée du site du pont transbordeur)

Dès son ouverture, le pont fut fortement fréquenté. Les meilleures années sont celles entre 1914 et 1920, avec 1919 comme année record : 1 592 699 passages furent enregistrés.

A partir de 1920, la fréquentation diminue. Moins de véhicules l’empruntent, car le parc automobile augmente et il devient rapide de faire le tour du Vieux Port. Une autre cause de cette baisse est l’incendie qui est survenu dans la salle des machines en 1920. Il endommage deux moteurs qui furent remplacés par deux moteurs de tramway, largement moins puissants. Ainsi, le temps de traversée double (ce qui rend le pont moins avantageux).

 

Des anecdotes ont été recensées sur le site du pont transbordeur. Des accidents, des suicides, des sauts, des impayés, etc.

Destruction

Extrémité du tablier et vue sur Marseille (carte tirée du site du pont transbordeur)

De moins en moins utilisé, il est question de supprimer le pont transbordeur. Mais les parlementations traînent en longueur, les années passent. Finalement, le 22 août 1944, en vue de boucher l’entrée du Vieux-Port, les Allemands décidèrent de le faire sauter. Par manque d’explosifs, seul le pylône Nord s’écroula.

Le 1er septembre 1945, les services des ponts et chaussées firent disparaître les restes du pont.

Recontruction ?

Le projet de transbordeur pour Marseille imaginé par l’architecte Paul Poirier © Radio France

Le pont est resté dans la mémoire collective marseillaise. 
Dès 2008, l’architecte nantais Paul Poirier projette de créer un nouveau pont transbordeur. Pendant une dizaine d’années, ce projet fera rêver les nostalgiques. Soutenu par le président de région, Renaud Muselier, il sera tout de même refusé par le maire, Jean-Claude Gaudin en 2017.

 

 

A la prochaine !

 

CONCOURS !

Nous sommes très heureux de permettre à l’un d’entre vous, amis lecteurs, de gagner le Géoguide « Les plus beaux week-ends plein sud ».

Merci à Gallimard qui a eu la gentillesse de s’associer à notre rendez-vous.


Il vous suffit de commenter ici (ou sur l’un des autres articles du rendez-vous) ET sur la page Facebook #EnFranceAussi durant le mois de mai.


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4 comments

  • Barbier Martine

    Dommage que l’on n’ait pas conservé les restes de ce pont transbordeur à Marseille, c’est un pan de l’histoire de la ville qui disparaît aussi. J’ai vu le dernier pont transbordeur, qui existe, à Rochefort (17), c’est impressionnant à voir ! Merci et à bientôt.

    • Florence

      Des piliers de ce pont sont conservés sur les îles du Frioul. C’est en écrivant l’article que je l’ai appris !
      Merci pour ta visite et à bientôt

  • Alaindici

    Malgré 3 ans passés à Marseille, je n’avais pas connaissance de cet éphémère pont transbordeur. Il devait être fort impressionnant ! Je suis admiratif des grands architectes français du XIX ème qui n’avaient pas peur de concevoir en grand des solutions innovantes et ambitieuses.
    Merci pour ton article.

    • Florence

      J’en ai eu connaissance par les livres de Jean Contrucci (il écrit des romans policiers se déroulant dans le vieux Marseille)

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