En France aussi : le parc du Mugel

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Je reprends la tenue du blog après la coupure estivale avec ce rendez-vous que j’affectionne tout particulièrement.

« En France aussi » est un rendez-vous mensuel permettant de (re)découvrir la richesse et la beauté de la France. Vous pouvez retrouver toutes les participations sur la page Facebook.

Pour ce mois-ci, Mitchka de Fish & Child a proposé le thème : à 15 km de chez moi, il y a… Ces derniers jours, elle a élargi notre périmètre : entre 5 et 20 km. Ce qui m’arrange bien puisque je tenais à vous parler d’un lieu cher à mon cœur qui se trouve à une vingtaine de kilomètres de chez moi : le parc du Mugel, à La Ciotat.
Vingt kilomètres à vol d’oiseau car, par la route, il faut plutôt en compter une trentaine. Mitchka m’a permis cette petite entorse au sujet si je lui prouvais que je savais voler. Alors… ce parc remue des souvenirs en moi, me fait rêver. Et en rêve, tout est possible 😉

Vue depuis le parc sur les rochers de poudingues roux (qui contrastent avec les roches blanches calcaires de la région)

Le parc et moi

Pourquoi ce parc m’est-il cher ?
En 2013, nous sommes venus habiter Marseille. Auparavant, j’avais déjà habité la région : 6 mois à Aix-en-Provence pour mon stage de fin d’étude, en 1998 (oups, ça commence à dater).
Durant ce stage, j’ai travaillé sur de multiples projets et études (je finalisais mes études d’ingénieur paysagiste – rien à voir avec l’écriture ou les mots), mais plus particulièrement sur un qui fut le thème de mon mémoire : l’aménagement du parc du Mugel.
A cette occasion, j’ai effectué de nombreuses recherches sur l’histoire du parc (dans les archives, dans des registres qui sentaient le vieux papier – pas de Google à cette époque 😉 ), j’ai sillonné le parc en long et en travers. J’ai dessiné quelques plans, je me suis attachée à ce site spectaculaire.

Sa situation

Le parc du Mugel, niché au pied du Cap de l’Aigle, comporte 80m de dénivelés depuis l’anse du petit Mugel au bord de la mer jusqu’au belvédère. Depuis ce dernier, une merveilleuse vue s’offre à vous : au Sud-Ouest, la mer s’étend à perte de vue, au Nord-Est, La Ciotat se dévoile avec son chantier naval au premier plan.

Le parc du Mugel se positionne sur un site exceptionnel. Sa localisation au pied du Bec de l’Aigle l’abrite des vents dominants, permettant à la végétation de se développer. De plus, son sol particulier lui permet le développement de plantes rares dans le département des Bouches-du-Rhône.

De cette situation remarquable, le parc tire l’attrait paysager de cette masse verdoyante se détachant de ce fond rouge à roux des poudingues, élément caractéristique de La Ciotat.
Un tel site ne peut pas être né du jour au lendemain, mais au contraire, porte en lui les marques de son histoire.

Le plan du parc, à son entrée

Petite histoire

Au début du XIXe, trois propriétés constituent le site du Mugel – Bec de l’Aigle dont les propriétaires se succèdent au fil des ans à la suite d’acquisitions et d’héritages. Les cultures ne varient pas : vignes et oliviers dominent, quelques petits labours sur les parties les mieux exposées et un jardin potager dans le bas du vallon. Une pâture a également lieu sur la pente conduisant au belvédère.

En 1868, Charles Emile Robert, négociant à Calcutta, acquiert un des terrains. En 1869, il en achète un deuxième et en 1870, un troisième.
Ainsi, en 1870, pour la première fois, le site du Mugel n’appartient qu’à un seul propriétaire et cela jusqu’en 1952.

Les successions continuent et en 1923, Louis Fouquet, négociant en bois et charbon à Marseille, acquiert la propriété. Il apporte de grandes transformations pour en faire un domaine luxueux. En 1928, il embauche monsieur Rouvier afin qu’il entretienne les cultures existantes et en développe de nouvelles. C’est à cette époque que le parc atteint son apogée. J’ai quelques photographies réalisées par monsieur Rouvier, dont celle de la roseraie avec la fontaine à laquelle nous avons voulu redonner sa valeur lors de l’aménagement (à la fontaine, la roseraie n’existait plus depuis longtemps).

Malheureusement, cette époque finit avec la deuxième guerre mondiale. Les Allemands réquisitionnent le Mugel et l’occupent. Ils construisent des blockhaus, installent un canon (dirigé vers la mer) et creusent des tranchées. Le domaine est également dévasté par les bombardements, les pillages. Seuls les maisons et les bassins ne sont pas détruits.

En 1947, la propriété sinistrée est cédée à monsieur Bronzo, entrepreneur de travaux publics. Il entreprend un grand nettoyage, faisant disparaître au mieux les vestiges de la guerre. Cependant, le parc ne retrouve pas sa grandeur d’antan.

En 1952, la ville de La Ciotat se porte acquéreur d’une partie du terrain pour y installer un centre d’enseignement technique féminin (qui fonctionne jusqu’en 1992). Un parking est créé à la place de l’ancien potager.
Monsieur Bronzo conserve la partie de la propriété située côté mer et y construit une villa (il la cède en 1982 au Conseil Général des Bouches-du-Rhône).
Dans les années 80, le parc s’ouvre au public.

En 1997, la ville décide de le mettre en valeur et un projet d’aménagement est lancé (c’est dans cette partie que je suis intervenue, pendant quelques mois). Le parc est ainsi totalement réhabilité entre 1999 et 2001.
En 2007, il reçoit l’un des plus beaux labels qu’un jardin puisse recevoir : celui des « jardins remarquables de France ».

J’ai eu l’occasion de le voir lors de descentes dans le Sud et apprécier les beautés révélées. Les photos que j’ai retrouvées datent de 2011 (je sais que j’en ai d’autres, mais où ???). C’était un plaisir de voir le parc retrouver sa grandeur d’antan. Pas la même, mais une nouvelle.
Malheureusement, le manque d’entretien ou de soins des usagers fait qu’il se dégrade d’années en années… (il a même perdu son label…)

La fontaine

Le parc en lui-même

Situé aux portes de la ville, les citadins ont un accès facile au parc.
Il offre divers types de jardins.
Vous pouvez y apprécier aussi bien la grande pelouse avec les aires de jeux pour enfants que le jardin aromatique, les cactées. En continuant de vous promener dans le parc, vous pouvez errer parmi la bambouseraie ou admirer la palmeraie (j’en suis fière, car j’ai choisi la trentaine d’espèces qui la compose).

Avec un peu d’effort, vous pouvez atteindre le belvédère qui mérite le détour pour la vue qu’il propose.

Bref, vous pouvez vous perdre dans ce parc aux multiples facettes et y passer un bon moment.
Pour ma part, à vous en parler, j’y suis dans ma tête !

La maison du Bec de l’Aigle

Vue depuis la terrasse de la maison du Bec de l’Aigle

Vue sur les pelouses et aires de jeux

Une petite partie de la palmeraie

Calade montant au belvédère

Vue sur la mer depuis le belvédère

En 2013, lors de notre arrivée à Marseille, j’avais emmené ma famille au parc pour le leur faire découvrir – ici au belvédère.
Et dire que maintenant, mon fils aîné fait pratiquement la taille de mon mari !

 

 

Sur ces souvenirs de différentes époques, je vous dis :

A la prochaine !

CONCOURS !

Nous sommes très heureux de permettre à l’un d’entre vous, amis lecteurs, de gagner le Géoguide Provence des villages de Gallimard.

Merci à Gallimard qui a eu la gentillesse de s’associer à notre rendez-vous.


Il vous suffit de commenter ici (ou sur l’un des autres articles du rendez-vous) ET sur la page Facebook #EnFranceAussi entre le 1er et le 15 septembre.


Cliquer sur Règlement pour en savoir plus.
Pour tout savoir sur le rendez-vous : ici.

 

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