Mots éparpillés : Mars 2016

motseparpillesVoici aujourd’hui le sixième et avant-dernier rendez-vous interblogueur « Mots éparpillés » de la saison.
Effectivement, je ne vais pas avoir de connexion internet les prochains mois (voyage oblige), le prochain rendez-vous est donc fixé à mon retour, pour le 15 juin.
En attendant, nous allons pouvoir découvrir les textes inspirés par la photo donnée le mois dernier. Merci par avance aux blogueurs qui auront participé 🙂

 

Cet article participe au rendez-vous mensuel « Mots éparpillés » de Margarida Llabres et Florence Gindre, projet inspiré par « Mots sauvages » de Cécile Benoist. 

 

Sofie depuis Paris2

Photo de Sofie depuis Paris – Mots éparpillés 15 mars 2016

Il l’aimait d’un amour fou. Complètement fou. Penser à elle l’emmenait au paradis. Ou peut-être en enfer, il ne savait pas très bien. Il perdait les pédales dès qu’il songeait à sa peau laiteuse, à l’éclat de ses yeux noisette. Il tombait en ravissement dès que sa silhouette apparaissait dans son champ de vision. Il raffolait la voir déambuler dans ce petit square. Il avait appris à connaître ses habitudes. Elle passait toujours aux mêmes heures.

Il venait toujours en avance s’asseoir sur le banc et attendait que les minutes, interminables, s’égrènent jusqu’à son apparition. Elle arrivait de sa démarche qu’il reconnaissait entre toutes. Le soir, elle était toujours pressée et passait rapidement, mais en journée, il lui arrivait de prendre son temps. Elle flânait, regardait à droite, à gauche. Cela était survenu plusieurs fois que leurs regards se croisent. Oh, ces yeux noisette ! Son merveilleux visage aux joues rebondies. Il les aurait mangées.

Il l’avait d’ailleurs fait. Un soir, il n’en put plus de mourir d’amour pour elle. Elle était entrée dans le petit square, de son pas pressé. Il s’était levé et était venu vers elle.

Il vient toujours s’asseoir sur le banc du petit square. Mais elle ne passe plus. Elle est là pour l’éternité, pour lui. Il l’a installée sous un joli petit massif de fleurs.

***

Découvrez les autres participations de ce mois-ci :

Margarida Llabres de « Les mots de Marguerite »,
Sylvette Neples à la fin de cet article,
Vera Anda de « Vera Anda from the right now »
– Marie B. de « J’habite à Waterford »
Agnès Audibert de « Mes livres, mes lecteurs et moi ».

***

Le 15 de chaque mois, nous vous soumettons une photo de ces mots éparpillés pour que vous les libériez le 15 du mois suivant par un texte.

Pour participer, rien de plus simple :

  • écrire un texte inspiré de la photo (entre 100 et 300 mots) et le publier sur votre blog le 15 du mois suivant.
  • intégrer dans votre article la phrase « Cet article participe au rendez-vous mensuel « Mots éparpillés » de Margarida Llabres et Florence Gindre, projet inspiré par « Mots sauvages » de Cécile Benoist. » (sans oublier d’activer les liens vers les blogs)
  • nous faire savoir que vous avez écrit en commentant chez nous que votre article est en ligne.

De notre côté, sur nos blogs respectifs, nous mettrons les liens des participants à la suite de notre propre texte.

 

En juillet prochain, nous publierons un e-book de toutes vos participations, téléchargeable sur nos blogs. Si vous souhaitez que votre texte n’y apparaisse pas, merci de nous le signaler lorsque vous mentionnez votre participation dans les commentaires.
Vous pouvez trouver l’e-book de l’édition 2014-1015 en cliquant ici !

 

Voici la photo pour les textes du 15 juin, dernier rendez-vous avant la publication de l’ebook.

photo6

Mots éparpillés – 15 juin 2016

Laissez libre cours à votre inspiration !

 

 

Texte de Sylvette Neples :

Mourir d’amour.

J’ai zoomé la photo, et bang ! En plein cœur ! J’ai cru voir ma mère dans les années 50, socquettes blanches dans des souliers noirs, cheveux bruns et courts, enfin libérés du chignon autrefois quasi obligatoire, robe sans forme ceinturée d’un cuir étroit, manches descendant pudiquement jusqu’aux poignets, poitrine malmenée d’avoir fourni tout le lait que je lui demandais…, si ce n’est elle ….

Mourir d’amour, est-ce son dernier cri, elle qui brava sa famille, pour imposer mon existence, et son amant qui l’abandonna violemment lorsqu’il apprit ma future naissance ?

Échappée des immeubles et des barrières, cachée par les vieux arbres tortueux qui eux aussi ont souffert, et portent encore les stigmates de la férocité des hommes, elle tente de se fondre dans le mur, comme elle l’a toujours fait dans sa grande humilité, avec ce cri douloureux.

Alors que le soleil éclaire sa silhouette d’un rayon tiède et réconfortant, au premier plan, pour apporter la douceur dans cette violence ressuscitée, ce parterre luxuriant de primevères recouvre sa tombe dans ces nuances qu’elle aimait tant !

La couleur vive des fleurs printanières illumine mon regard troublé, le son de sa voix résonne irrémédiablement atténué par le temps dans ma tête, l’herbe verte et grasse a repris de la vigueur, l’hiver s’éloigne… et la vie continue…

 

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