Les points de vue d’un récit

cokin-filter-field-hand-1050En parlant de points de vue d’un récit, je vais plus spécifiquement vous parler de la focalisation. Comment sont vus et perçus les évènements racontés par l’histoire ? Cette perspective narrative est choisie par l’auteur. Afin de vous aider dans votre choix, voyons ce qu’il en est.

 

Les trois types de focalisation

Il existe trois types de focalisation en fonction de ce que le narrateur connaît des personnages :

Focalisation externe : le narrateur en raconte moins que ce sait le personnage (N<P)
Focalisation interne : le narrateur dit ce que le personnage sait (N=P)
Focalisation zéro : le narrateur en sait plus que le personnage (N>P)

 

La focalisation externe

Dans ce cas, tous les personnages sont considérés de l’extérieur. Le narrateur est un observateur extérieur, spectateur de ce qu’il se passe. Il n’a donc pas accès au ressenti des personnages, sauf s’ils l’expriment (paroles ou gestes).

Cette technique est souvent employée en début de roman car elle suscite l’intérêt du lecteur en créant une énigme : le personnage est un inconnu à l’identité mystérieuse, aucun élément subjectif ne venant aider le lecteur pour anticiper ses réactions.

 

La focalisation interne

La scène est vue au travers d’un des personnages y participant. C’est un point de vue totalement subjectif puisque tout est raconté à partir de la perception et l’interprétation du personnage.

La focalisation interne peut être fixe, variable ou multiple. Elle est fixe lorsque le point de vue est toujours celui du même personnage. Elle est variable lorsque le personnage focal change en cours de récit. Lors d’une focalisation interne multiple (cas rare), un même évènement est raconté selon des points de vue différents.

Cette technique permet une meilleure identification du lecteur au personnage et également la création d’un suspens en laissant des zones d’ombres.

 

La focalisation zéro

Le narrateur est omniscient : il voit tout, il connait tout, le ressenti de chacun des personnages, etc. Il pénètre dans toutes les consciences, rien ne lui est caché. Il peut se déplacer dans l’espace (raconter ce qu’il se passe à différents endroits au même moment) et dans le temps (révéler le passé des personnages, laisser entrevoir leur avenir).

Cette technique permet d’élargir le point de vue sur l’histoire et de créer une connivence entre le narrateur et le lecteur.

 

Quelques points

« Les focalisations zéro, interne et externe déterminent des techniques narratives avant de désigner des classes de récits » (Schaeffer, 719) Effectivement, un type de focalisation peut être choisi pour l’ensemble d’un récit mais cela n’est pas une évidence. Il peut exister des passages narratifs où la question d’une focalisation n’est pas pertinente. De plus, la focalisation peut changer au cours du récit.

Même si un récit comporte plusieurs focalisations, le plus souvent, l’une est prédominante. Des altérations peuvent exister à ce modèle dominant. Dans ses travaux sur la focalisation, Gérard Genette a relevé :
– la paralipse qui est une rétention d’informations par rapport à ce qui est attendu dans une telle focalisation.
– la paralepse qui, à l’inverse, donne plus d’informations que ce que prévoir la focalisation utilisée.

 

Si jamais vous avez envie que je traite d’un sujet, laissez-moi un commentaire, j’y répondrai avec plaisir lors d’un prochain article.

 

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