Interview Sophie Noël

Ce mois-ci, j’interviewe Sophie Noël, auteur jeunesse que j’ai connue grâce aux réseaux sociaux. Son dernier livre « L’enfant du séisme » vient de paraître.

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Sophie NBBonjour Sophie, « L’enfant du séisme » est votre quatrième livre. Parlez-nous de cet enfant autour duquel tourne l’histoire.

Bonjour Florence. L’histoire de « L’enfant du séisme » est basée sur une histoire vraie. L’histoire qui est arrivée à ma famille. Notre fille aînée, Flore, a été adoptée en Haïti il y a dix ans, et nous attendions notre deuxième fille, aussi en Haïti, quand a eu lieu le séisme du 12 janvier 2010. Nous avons attendu Alexandra huit mois avant qu’elle puisse être rapatriée. C’est cette terrible attente, vue par les yeux de Flore, que je raconte dans mon livre. Mais je n’ai pas voulu que le récit soit triste. J’ai donc pris le parti de faire « parler » Flore, avec sa vision enfantine de la vie, alternant prises de conscience et bêtises, larmes et rires, comme tous les enfants savent le faire.

Pour quelle tranche d’âge est-il destiné ? Est-ce la même que celle de vos précédents ?

Il existe deux versions de cette histoire : « Ma petite sœur du séisme », album illustré, à partir de 4 ans (Pétroleuses Editions), et « L’enfant du séisme », roman à partir de 9 ans (Oskar Editions).

Mes précédents romans, qui sont des romans fantastiques, sont adressés aux enfants à partir de 9/10 ans : « Le Mystère de la grotte au diable » et « L’armée des rats » racontent les aventures étranges de Mahaut, Aurèle et de leur ami Loup (Editions des 2 Encres).

Comment l’avez-vous écrite ? Quand avez-vous trouvé le temps de le faire ?

visuelsJe prends toujours des notes, depuis que je suis petite. Je note tout : les anecdotes, les mots amusants, ce qui m’étonne, me peine, me fait peur, m’émeut, me met en colère, me fait plaisir… J’ai toujours un petit carnet sur moi pour cela. Un jour que je relisais mes notes sur ce moment de ma vie, écrire l’histoire de « L’enfant du séisme » m’est apparue comme une évidence. J’avais besoin d’en parler, de dire ce que j’avais vécu.

Mais écrire, ce n’est pas seulement prendre des notes, c’est aussi mettre un récit en forme, se lire et se relire, changer un mot, une phrase, récrire un paragraphe… En ce moment, je suis en disponibilité, et ai donc du temps pour écrire. Alors je ne m’en prive pas. Sinon, quand je travaille, j’écris le soir, jusqu’à très tard, quand mes enfants sont couchées.

Et avez-vous un cadre, une mise en situation pour écrire ?

Je peux écrire partout, n’importe quand, mais c’est important pour moi de cadrer ces moments d’écriture et d’être dans le silence pour une immersion totale dans mes mondes imaginaires : Le matin, dès que mes filles sont parties à l’école, je monte dans mon bureau sous les toits, et me mets à écrire. Je suis capable d’y consacrer ma journée entière avec quelques pauses.

J’ai des petits rituels : Du thé earl grey fleurs, et mon chat, pas trop loin de moi (voire sur mes bras… pas simple pour écrire, mais tellement douillet). Et puis, toutes mes notes éparpillées sur mon bureau, avec l’âge de mes héros, des prénoms qui me plaisent, des idées en vrac, des plans, des anecdotes… et en règle générale, tout ce qui me passe par la tête.

Vous avez la passion de l’écriture depuis longtemps ?

J’ai toujours été une grande lectrice, et je suis sûre que cela m’a donné l’envie – le besoin – d’écrire. En tout cas, une chose est sûre, c’est qu’aimer s’évader dans un livre m’a donné l’envie de m’évader dans mes propres histoires.

Pour mes huit ans, ma grand-mère m’a acheté un carnet de pensées. J’ai commencé à y écrire mon quotidien, puis des poèmes, toutes mes petites notes, et des fictions… J’ai continué, adulte, à tenir un journal. J’ai participé à des concours de poèmes et de nouvelles. Mais ce que j’aime surtout, ce sont les contes : les lire, les inventer, les raconter. J’aime cet univers à la fois mystérieux, extravagant et très riche. On apprend beaucoup dans les contes. D’ailleurs, un de mes auteurs préférés est Gabriel Garcia Marquez, un « ra-conteur d’histoire » comme il le disait lui-même. Vous ne savez jamais, avec lui, ce que va devenir l’histoire que vous êtes en train de lire ! J’aimerais écrire comme ça (sourire…) !

trois visuels « L’enfant du séisme » est votre quatrième livre jeunesse. Comptez-vous en écrire d’autres ? Sur le même thème ? En faire une suite ?

Pour l’instant, il n’est pas prévu de suite à « L’enfant du séisme ». Mais l’adoption est un vaste sujet dont j’ai envie de parler, pour lever les interrogations et les incompréhensions. Maintenant, je me réveille tous les matins avec une idée nouvelle en tête, et il n’est pas dit qu’un jour, je ne me lève pas en me disant qu’il faut écrire la suite ! J’ai aussi beaucoup d’autres projets de livre. Certains sont des fictions, d’autres des faits de société. J’aime écrire pour les enfants, pour partager mes mondes imaginaires, mais également pour qu’ils puissent grandir en apprenant le monde autour d’eux, les différences, la solidarité, le respect, l’écologie… Je suis institutrice : on ne se refait pas !

Merci Sophie. Retrouvez-la sur son blog d’auteur jeunesse ou sur sa page Facebook mais également sur le blog d’une maman (presque) comme les autres.

 

 

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