Interview de Cécile Gylbert

L’interview de ce mois aborde un thème qui m’est cher : l’expatriation. Cécile Gylbert est une serial expat et ses enfants ont grandi à travers plusieurs pays. Elle est l’auteur de « Les enfants expatriés. Enfants de la Troisième Culture » paru aux Editions du Net.

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image couvertureBonjour Cécile, « Les enfants expatriés. Enfants de la Troisième Culture » est votre premier ouvrage. Pouvez-vous nous parler un peu de lui ?

C’est un ouvrage qui s’adresse aux parents expatriés francophones ainsi qu’aux adultes ayant vécu cette enfance singulière en expatriation. Il explique les tenants et les aboutissants de la Troisième Culture, une culture de synthèse entre la culture d’origine et les cultures des différents pays d’accueil. C’est la culture dans laquelle évoluent la plupart des enfants expatriés.

Pour les familles qui vivent en expatriation, les bénéfices qu’en retirent les enfants sont presque évidents : multilinguisme, ouverture d’esprit, tolérance, culture générale… Les difficultés rencontrées, en revanche, sont souvent mal identifiées : le manque de racine, le besoin de mouvement, la confusion dans les relations, le rapport à la perte et au chagrin… Les enfants peuvent alors trainer avec eux ces inquiétudes non seulement pendant leur enfance mais également à l’âge adulte. Connaitre la Troisième Culture, celle qui leur correspond, permet de reconnaitre les éléments-clés qui jalonnent une enfance expatriée pour en tirer le meilleur et en surmonter les obstacles.

 

Comment vous est venu ce thème ?

En observant mes enfants ! Ils ont tous les trois grandi en expatriation et sont donc de vrais produits de la Troisième Culture. J’ai également beaucoup d’amis qui, expatriés ou non, ont vécu une enfance mobile et multiculturelle. Tous les points communs entre eux ont attiré mon attention et c’est ainsi que je me suis mise à étudier la notion de Troisième Culture. Plus les années passaient, plus je me rendais compte à quel point connaitre ce concept m’aidait dans la compréhension de mes enfants, dans leur éducation et dans la vie de notre famille. J’ai donné des conférences et animé des ateliers sur ce thème mais je souhaitais que davantage de familles expatriées puissent avoir conscience des implications psychologiques, émotionnelles et comportementales que suppose une enfance expatriée.

 

version2_C9A7880Comment l’avez-vous écrit ? Quand avez-vous trouvé le temps de le faire ?

J’ai étudié la Troisième Culture pendant 7 ans (conférences, articles, lectures, études, échanges avec des spécialistes), juste pour le plaisir de comprendre. Presque tout sur le sujet était en anglais. Lorsque l’écriture d’un livre en français m’est apparue comme une possibilité, j’ai commencé par organiser mon « savoir » pendant quelques mois. L’écriture a rapidement suivi. Le tout m’a pris un an. J’ai d’autres activités par ailleurs : des formations interculturelles et des sessions de coaching, une famille de trois enfants, des actives artistiques et sportives… Bref, trouver le temps (comme pour toutes les mères de famille) fut le véritable challenge. Je me suis donc fixé comme objectif une matinée par semaine (8h-15h) et 30 mn minimum obligatoire par jour (relecture, correction, modification, écriture…). C’était parfois compliqué de tenir le calendrier mais cela m’a servi de tuteur.

 

Et avez-vous un cadre, une mise en situation pour écrire ?

Pas vraiment, j’écris toujours dans mon bureau, au milieu de mes notes. C’est un peu (beaucoup?) le fouillis mais je m’y retrouve. En revanche, si je dois approfondir un point par des lectures, je le fais dans le jardin, au café, dans une bibliothèque… je sors du cadre.

 

Avez-vous la passion de l’écriture depuis longtemps ?

Je n’oserai pas parler de passion de l’écriture me concernant. Je suis davantage une chercheuse qui transmet les résultats de son étude plutôt qu’un écrivain. J’admire profondément les romanciers qui créent un monde, une histoire seulement à partir de leur imagination, qui communiquent un sentiment à partir de mots. Pour moi qui n’ai pas ce talent, l’écriture n’est qu’un outil de communication, j’espère juste que la mienne ne soit pas trop indigeste !

 

« Les enfants expatriés. Enfants de la Troisième Culture » est votre premier livre. Allez-vous en écrire d’autres ? Sur le même thème ?

Je suis en train de travailler sur un livre traitant du retour d’expatriation, du point de vue professionnel bien sûr mais également sous l’angle de la famille. Je reste convaincue que la clé d’une expatriation réussie, qu’elle soit de longue ou de courte durée, est l’épanouissement de chacun des membres de la famille, que cet épanouissement soit professionnel, social, scolaire ou culturel. Il en est de même pour le retour dans le pays d’origine.

De plus en plus d’organisations accordent à la préparation au départ de la famille l’attention qu’elle mérite, malheureusement le retour ou impatriation demeure trop souvent la pierre d’achoppement du processus.

 

Merci Cécile.

 

Retrouvez « Les enfants expatriés. Enfants de la Troisième Culture » aux éditions du Net.

 

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