Interview de Jean-Fabien

L’interview de ce mois est consacré à Jean-Fabien, auteur à ses heures (perdues ?), que j’ai d’abord connu via son blog pour finir par lire un de ses livres « Le journal d’un écrivain sans succès », paru aux éditions Paul & Mike.

 

***

 

Bonjour Jean-Fabien, « Le journal d’un écrivain sans succès » est votre premier roman, mettant en scène Jean-Fabien. Pouvez-vous nous parler un peu de lui ?
Jean-Fabien, le héros (?), est un loser sympathique, ingénieur pour gagner sa vie mais qui rêve de grandeur. En fait, il se rêve écrivain, principalement pour de sombres histoires de Sex appeal. Il se dit que, sur l’échelle de la considération sociale, écrivain sonne mieux qu’ingénieur informatique. Je dirais qu’il n’a pas tort (mais je me laisse souvent aller à l’indulgence avec mes personnages).

 

Comment vous est venue cette première histoire ?
C’est une assez longue histoire. J’avais trouvé un éditeur pour un premier roman et devant son désintérêt manifeste quant à la promotion de celui-ci, j’avais décidé de créer un blog (www.jean-fabien.fr) racontant l’histoire d’un jeune homme en quête de sexe facile et qui s’imaginait écrivain. Trop paresseux pour écrire, le blog le mettait en scène semaine après semaine en proie aux affres de la création. Je me disais qu’au bout de quelques mois d’articles, j’aurais créé une base de fans assez large pour faire une promotion efficace de mon livre. Bizarrement, le blog s’est mis à avoir un petit succès et des éditeurs m’ont contacté, me proposant de publier le blog. Je ne comprenais pas trop ce qu’ils entendaient par là, vu que le blog était public, j’ai donc écrit un roman « autour » du blog et c’est devenu « le journal d’un écrivain sans succès ». C’est donc une sorte de mise en abîme au carré.

 

Comment l’avez-vous écrite ? Quand avez-vous trouvé le temps de le faire ?
Le temps est au centre de tout je pense. J’ai la chance d’avoir un travail régulier qui me laisse de longues plages de perdition où je peux m’adonner à différents vices : télétravail depuis mon lit, séances de babyfoot dans des bars glauques, siestes pendant les réunions de service. Cela me laisse tout loisir pour observer mes compagnons de galère qui sont une source inépuisable d’inspiration. Et en plus, j’ai arrêté de regarder la télé depuis environ 5 ans ce qui m’a fait gagner à peu près 4 heures par jour. Si on considère, de plus, que c’était des heures où je m’abrutissais, on peut donc en conclure que je suis beaucoup moins débile aujourd’hui. Du temps + un cerveau disponible + un environnement professionnel absurde = pleins d’idées de romans.

 

Et avez-vous un cadre, une mise en situation pour écrire ?
J’écris un peu partout à vrai dire, des notes que je saisis sur mon téléphone, sur un bout de papier, dans la paume de ma main (ha non, ça c’est le numéro de téléphone de cette blonde, là…). Après, je reprends tout chez moi pour en faire des instants de vie à peu près cohérents. Puis je copie, je colle, je fusionne. Une fois que j’ai un bout d’histoire, je ré-écris, 10 fois, 20 fois, 50 fois, 3 millions de fois, jusqu’à obtenir une forme stable et cohérente. Et après, je laisse reposer et je reviens dessus quelques jours plus tard, puis le processus recommence. J’avoue bien aimer mettre du Chopin aussi quand je suis devant l’écran de mon ordinateur, cela m’aide à m’échapper.

 

Vous avez la passion de l’écriture depuis longtemps ?
J’écris sérieusement depuis 4 ans et j’ai toujours aimé écrire des bêtises pour les autres. Je n’avais jamais envisagé en faire quelque chose de concret avant que j’écrive ce premier livre avec un collègue, plutôt par désœuvrement et ennui d’ailleurs. Une fois le livre fini, je me suis dit « merde, c’est sympa d’écrire ».

 

« Le journal d’un écrivain sans succès » est votre premier livre mais vous en avez écrit d’autres depuis. Quels sont-ils ? Mettent-ils en scène le même personnage ?
Le tout premier livre que j’avais écrit avec ce collègue (« la perspective du primate ») vient d’être ré-édité chez Paul&Mike. Le héros s’appelle aussi Jean-Fabien mais n’est pas le même que celui du « journal », même s’il a quelques traits communs (notamment son inefficacité dans ses techniques d’approche de la gent féminine). J’ai ensuite écrit d’autres choses totalement différentes. Un recueil de nouvelles intitulé « L’inconvenance du désastre » sous mon vrai nom (Fabien Muller) qui sort aux éditions Langlois Cécile, et dont le fil rouge est la rencontre et les intempéries. J’ai, enfin, trois autres manuscrits en recherche d’éditeur : « le scorpion et la tortue » qui est une comédie sentimentale, « à travers la vitre » qui est le récit de vie d’une dépressive et « la mécanique du créneau » que je viens de finir d’écrire avec une jeune comédienne du nom de Marie Combeau et qui est le récit déstructuré d’une rencontre.

 

Merci Jean-Fabien.
De rien 

 
 
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