La genèse d’un guide

« J’ai atterri en janvier 2008 à l’aéroport de Prague avec mes deux enfants. Mon mari y vivait déjà depuis 6 mois et nous attendait. Le lendemain de notre arrivée, la ville était recouverte de plus de 10 cm de neige. Comme pour nous souhaiter la bienvenue dans ce nouveau pays au cœur de l’Europe. Je m’attendais à des hivers plus rigoureux qu’en France et toute cette neige m’en apportait la preuve. Elle a tenu une semaine mais ensuite, il n’a pas reneigé de l’hiver et il n’a pas fait beaucoup plus froid que dans certaines régions de France.

 

Depuis, d’autres hivers sont passés, eux, avec un peu plus de neige, un peu plus de froid. Mais au final, il est assez simple de s’acclimater.

 

J’ai appris à découvrir cette ville magnifique et ses habitants. De culture occidentale, ils sont proches de nous, nous pouvons aisément nous comprendre. Cependant, à plus les fréquenter, on se rend vite compte de l’existence de petites particularités. A première vue anodines, elles reflètent cependant l’histoire, les traditions de ce pays, de cette ville.

 

En arrivant à Prague, je pensais passer quelques mois à apprendre le tchèque et me lier ensuite à ses habitantes. Malheureusement, je n’avais pas pris en compte le dur apprentissage de la langue et les tchèques auxquelles je me suis liées sont toutes francophones. Et c’est peut-être à partir de cette frustration que j’ai voulu en découvrir plus sur ces femmes que je ne pourrais connaître. »

 

C’est ainsi que débute notre livre sur les Pragoises. Un livre que je suis heureuse d’avoir pu rédiger, un livre qui m’a permis de faire de belles rencontres, dont certaines durables. Ce fut une expérience unique dont je garde le souvenir comme un joyau. Je le contemple certains jours, ravie de voir luir différents éclats suivant l’angle selon lequel je le regarde. Comment vit-il le jour ? Par l’alchimie de la vie, de ses situations auxquelles nous n’aurions pas songées et de ses rencontres qui changent le cours de notre existence.

 

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Cela faisait quelques mois que la capitale tchèque se dévoilait à moi et j’en étais enchantée. Quelle magnifique ville, quel beau pays ! Voulant partager mes découvertes, j’entrepris de créer un site internet. Je comptais l’alimenter chaque mois par de nouveaux articles thématiques et pour cela, il me fallait une équipe de rédacteurs. Mon site étant en français, je les cherchai et trouvai au sein de la communauté francophone. Ce fut, pour une majorité, des Françaises désireuses, comme moi, de partager leurs connaissances de Prague. Plus tard, un étudiant tchèque se joignit à notre équipe.
Au lancement du site, ce dernier était très mince mais il s’est étoffé le temps passant. Ainsi, chaque mois, il offrait une nouvelle dose d’actualité du pays, proposait de découvrir un nouveau restaurant, nous promenait dans un parc de la ville et surtout, rubrique phare du site : nous apprenait les différences culturelles entre les Françaiset les Tchèques. Pour cette rubrique particulière, je nécessitais d’une personne connaissant très bien le pays et ses habitants. J’en parlai autour de moi et mes amies me conseillèrent une Tchèque francophone francophile, inscrite à l’accueil. Elle venait juste de rentrer à Prague après deux années passées en Angleterre.
Je profitai d’un café de l’accueil pour rencontrer Helena. Il avait lieu dans une grande demeure d’une expatriée et plusieurs pièces étaient à notre disposition. Heureusement que mes amies étaient là pour la localiser et nous présenter car je pense que, sinon, je serais passée à côté d’elle sans la voir. Elle avait mon âge et tenait un petit garçon dans les bras. Il était né en Angleterre. Son mari avait souhaité rentrer mais pour sa part, elle serait bien allée vivre en France. C’est pour cela qu’elle s’était inscrite à l’accueil. Je lui fis part de ma proposition de collaboration et elle fut emballée.
C’est ainsi que durant plusieurs années, elle écrivit de nombreux articles pour le site internet. Elle nous apprit quelle farine utiliser, nous raconta la saison des bals, la vie en famille en république tchèque, etc…

 

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Je voyais régulièrement Helena : lors des réunions que j’organisais pour le site, d’évènements de l’accueil ou tout simplement lors de sorties entre filles en journée ou en soirée.
De retour de grandes vacances en France, je la retrouvai à un anniversaire. J’avais un projet en tête et je m’empressai de lui en parler avant que je ne change d’avis et n’ose plus l’entreprendre. Je souhaitai que, toutes les deux, nous rédigions un guide sur les habitantes de la capitale. Encore une fois, c’est avec un plaisir évident qu’elle se lança dans cette aventure en ma compagnie.
Nous voulions présenter Prague en faisant découvrir celles qui la composaient. Savoir où elles travaillaient, où elles prenaient leurs loisirs, et quels loisirs ? Si elles préféraient aller au retaurant, à la hospoda, au cinéma, à l’opéra. Si elles aimaient skier, faire du vélo, nager. Si elles se mariaient, si elles priaient un, plusieurs dieux ou aucun. Si le communisme avaient marqué leur existence, si la venue d’un premier enfant les changeait complètement, si….
Nous avons alors dressé un questionnaire essayant de poser toutes ces questions et l’avons largement distribué. Nous avons eu un bon retour, mais cela ne nous suffisait pas dans notre connaissance de la Pragoise.
Helena m’a alors emmenée dans des bibliothèques dans lesquelles je ne serais jamais entrée sans elle. J’ai découvert une autre facette de cette belle ville. Et par la même occasion des livres traitant des femmes tchèques. Des données appréciées et appréciables pour notre futur ouvrage.
Pour compléter tout ce que nous possédions, nous avons commencé des interviews plus poussés, plus approfondis. Je m’entretenais avec les tchèques francophiles et Helena avec les autres. J’ai adoré ces moments d’échanges sur le ton de la discussion. Ces femmes se sont livrées à moi, je reccueillais des fragments de leur vie, j’étais témoin de leurs pensées.
En semaine, nous travaillions chacune de notre côté et nous nous retrouvions le vendredi matin afin de compulser ce que nous avions produit, affiner notre démarche, corriger les premiers textes. Son fils n’allait pas à l’école et nous essayions de l’occuper comme nous pouvions par le visionnage des DVD que je possédais pour mes propres enfants, avec quelques jouets. Certains jours, nous ne pouvions pas beaucoup progresser mais ce n’était pas bien grave car le projet avançait bien. Nous voulions absolument avoir terminé pour la fin de l’année scolaire, pour deux raisons. La première était la fin de mon expatriation avec mon départ et la seconde, la prochaine naissance d’une seconde fille pour Helena.

 

*

 

Nous avons réussi à tenir notre pari. A la fin de l’année scolaire, nous avions notre manuscrit. Je suis rentrée en France, la fille d’Helena est née.
Des kilomètres nous séparaient mais notre projet nous avait liées. Notre manuscrit a trouvé un éditeur et c’est avec un plaisir immense que, quelques mois plus tard, nous avons pu tenir entre nos mains notre livre.
Un livre né d’une rencontre entre une Tchèque et une Française, né d’un désir de faire découvrir les habitantes de Prague. De beaux projets peuvent naître en expatriation où nous nous retrouvons en dehors de nos repères habituels.

 

Ce guide « Regard voisin féminin : A la rencontre des Pragoises » (mis à jour en 2013) est disponible sur Amazon.
 
 
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